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Un petit article polémique (part2) comme d'hab....(redigé par dai journaliste chez rap'activist) faites vous votre propre opininion la dessus....

Un petit article polémique (part2) comme d'hab....(redigé par dai journaliste chez rap'activist) faites vous votre propre opininion la dessus....
J'suis pas là pour leur dire c'qu'ils veulent entendre"

On pourrait voir dans cette phrase de Kery James une énième , d'un énième rappeur prétendant aller à contre-courant de “Babylone” (sic), incarnée par l'Etat, l'extrême-droite, ou quelque autre éternel bouc émissaire du rap.

Boucs émissaires tellement attaqués qu'être engagé dans le rap à notre époque peut sembler être la voie de la facilité, ce qui est, vous en conviendrez, est très paradoxal. En effet, quel mérite peut-on trouver à aller s'insurger contre les propos du Front National, ou contre la politique de George Bush, alors qu'un consensus au sein de l'opinion publique est déjà établi depuis longtemps ?

Le mot "ils", dans cette phrase constituant le slogan promotionnel de l'album solo de l'ex-leader d'Ideal J, ne désigne pas l'Etat, les radios, ou les “brigades anti-rap” ( mythe récurrent dans l'imaginaire du milieu hip-hop, témoin d'une tendance omniprésente à la paranoïa et à l'auto-victimisation).

Non, le “ils” renvoie au public rap, constitué de tous ces auditeurs habitués à ce que le discours de leur musique ne fasse que les conforter dans leurs opinions. Ces mêmes auditeurs appréciant les albums contenant 13 pistes prônant la violence et l'irresponsabilité sous toutes ses formes, et 2 pauvres pistes incitant à aller voter aux présidentielles, et à ne pas se tirer dessus “entre frères”. Le discours est contradictoire d'un morceau à l'autre, et les rares morceaux pseudo-revendicatifs ne servent qu'à se donner bonne conscience.
Les MC's font la queue pour combattre les mêmes moulins à vent, tout heureux de s'auto caricaturer, pour le plus grand plaisir des auditeurs, et de ceux qu'ils prétendent combattre.



Mais à quoi peut-on reconnaître le véritable rap engagé ?
Principalement à la présence d'une argumentation solide derrière toute affirmation. Ainsi, on évitera les phrases simplistes et gratuites telles que “Fuck l'Etat”, et au lieu de cela on expliquera méthodiquement à l'auditeur quelles sont les raisons concrètes pour lesquelles il doit “fucker l'Etat”.

Le rappeur conscient n'hésitera pas non plus à aller à contre-courant de l'opinion de ses auditeurs. Par exemple, Kery James (et oui, toujours lui!) est l'un des seuls à oser parler d'une manière objective des ravages que peut causer la consommation de shit*(particulièrement dans les quartiers défavorisés, car c'est là qu'elle est la plus néfaste), alors que la plupart des autres artistes se cantonnent à une évocation des drogues plus dures, pourtant beaucoup moins répandues en France, de peur d'heurter un public en grande partie consommateur (occasionnel ou régulier) de drogues douces.

Ainsi, on peut conclure en faisant remarquer que l'engagement dans le rap a pour objectif une prise de conscience de la part de l'auditeur, et ne devrait donc pas constituer un discours consensuel et prévisible.


*On retiendra l'excellent “Nuage de Fumée”, sur l'album “Le combat continue”, d'Ideal J, 1998.

# Posté le lundi 09 octobre 2006 13:53

Modifié le lundi 09 octobre 2006 14:04

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